Après le traitement de Félix, le Dr Mercier m'a fait asseoir.
"Sophie, vous n'avez pas échoué. Le système a échoué."
Elle a ouvert un graphique sur son ordinateur.
"Regardez ceci. Les chats européens ont 42% plus de problèmes cardiaques que les chats japonais. Mais ce n'est pas une question d'alimentation ou de génétique."
"Alors quoi ?" j'ai demandé.
"En France, 89% des propriétaires utilisent des croquettes extrudées. En Asie ? Moins de 15%. Ils utilisent principalement de la nourriture humide et fraîche."
J'étais confuse. "Mais les croquettes existent depuis toujours."
Le Dr Mercier a secoué la tête. "Elles existent. Mais il y a une différence massive que personne ne vous dit."
Elle m'a expliqué la vérité dévastatrice :
Le processus d'extrusion - chauffer les croquettes à 150°C+ - détruit jusqu'à 80% de la taurine naturelle présente dans la viande.
"Les chats sont des carnivores stricts. Contrairement aux chiens et aux humains, ils ne peuvent pas fabriquer leur propre taurine. Ils doivent l'obtenir à 100% de leur alimentation."
"Mais plus important encore," elle a continué, "chaque fois qu'un chat digère, il utilise de la taurine pour produire de la bile. C'est comme un réservoir qui fuit en permanence."
"Et si les croquettes n'en apportent pas assez..."
"Alors le corps puise dans ses réserves. D'abord dans le cœur. Puis dans les yeux. Et un jour..."
Elle n'a pas eu besoin de finir.